Il y a sept mois, l’opinion nationale et internationale retiennent le souffle, en attente de la sanction administrative et la dernière décision de justice, sur l’affaire de 422 conteneurs de bois de vène saisis à la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières(CRIEF), pour l’exportation « frauduleuse en Chine ». L’ex Ministre de la Justice Alphonse Charles Writh avait cité comme présumés coupables : Karim SAMOURA, Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Mohamed FOFANA, Directeur National de la Faune et Flore, Nana KOULIBALY en service à la Direction Nationale de Faune et Flore, Sidiki KOUROUMA Directeur Général de l’Office Guinéen de Bois(OGUIB) et autres. En juin 2024 le procureur spécial de la CRIEF, Aly TOURE a annoncé le retour de ces bois en Guinée et l’ouverture d’une enquête contre les cadres du Département de l’Environnement. Mais depuis cette déclaration, la situation reste lettre morte. Nombreux observateurs soupçonnent l’effet d’influence d’homme au sommet de l’Etat. Les regards sont dors et déjà tournés vers le Président de la Transition, Général Mamadi DOUMBOUYA qui doit agir en tant que chef de la Magistrature Sprême.
En cette période de Transition militaire au pouvoir dirigé par le Comité National pour le Rassemblement et le Développement(CNRD), le peuple est attentif au traitement de tous les dossiers de scandale de corruption révélés par l’Etat. Tous les cas qui ont été rendus publics, les cadres soupçonnés ont été démis de leurs fonctions, placés sous mandat de dépôt à la maison Centrale de Conakry, puis jugés devant la CRIEF. L’illustration la plus récente concerne la Douane Nationale où le Directeur Général, son adjoint et autres douaniers sont actuellement emprisonnés, après leur limogeage, suite à un présumé détournement de 700 milliards de franc guinéen .Ils sont en attente de leur procès. L’autre exemple, s’est passé au Ministère des travaux publics où un audio de partage de marché entre les cadres a fuité. Le Ministre Yaya SOW a été destitué de son poste, certains membres de son cabinet, ainsi que le Directeur Général et l’Adjoint du Fond d’entretien routier(FER.SA), ont été tout de même limogés et mis en prison. Ces derniers aussi, sont tous passé à la CRIEF avant de recouvrer leur liberté.
Mais avec ce scandale de 422 conteurs de bois de vène au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, c’est tout à fait le contraire. Dans cette histoire , ce sont les bois qui sont saisis à la CRIEF. Mais les principaux présumés incriminés qui sont les cadres dudit Ministère, sont libres de leur mouvement et continuent à exercer tranquillement leurs fonctions. Le Chef de l’Etat, n’en a encore pris aucune sanction administrative comme il en fait dans les cas énumérés plus haut.
Certains analystes avertis estiment que la lenteur de ce dossier s’explique par le fait que, l’un des accusés, Karim SAMOURA, Secrétaire Général du Département de l’Environnement, serait parenté au Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale , Général Balla SAMOURA, membre clé du CNRD, régime militaire au pouvoir.
Un piège que le chef de l’Etat doit éviter à tout prix au risque de tomber dans la justice sélective.Et comme le dit l’autre, le premier énemi du pouvoir c’est l’injustice.Quand c’est le parent d’un membre influent du régime, on le protège, mais quand c’est d’autre, on le met en prison et le trimballe devant la justice.Cette façon d’exercer les pouvoirs publics, décrédibilise ceux qui gouvernent le pays, aux yeux des citoyens et partenaires à l’international
Dans cette situation, l’honneur et la réputation de la Guinée sont engagés devant les organisations mondiales qui s’intéressent à l’Environnement notamment la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et Flore Sauves Menacées d’Extinction(CITES). Cette Institution Internationale de Protection de la Faune et Flore dispose, toutes les pièces à convictions sur l’affaire de ces 422 conteneurs de bois de vène et évaluera la sincérité de l’Etat Guinée à l’issue de la décision finale que le pays exhubera.
Le chef de l’Etat doit donc prendre très au sérieux ce dossier qui est l’unique raison aujourd’hui, de la grave suspension de la Guinée dans les Conventions de CITES. Et seul, son aboutissement normal va déterminer la levée de la sanction.
A l’état actuel des choses, les activités du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable sont résumées aux missions à l’intérieur du pays, aux voyages des cadres à l’étranger et à certaines campagnes sans grand impact. A part de ceux-là,à l’heure où nous sommes, le pays ne peut décrocher aucun grand projet auprès des bailleurs à l’international, tels que les fonds destinés à l’Environnement. Egalement,pour le moment, la Guinée ne peut faire aucune transaction de produit forestier à l’étranger pouvant contribuer à l’économie nationale. Tout cela à cause du problème de ces 422 conteneurs de bois incriminés.
Les responsables du Département de l’Environnement qui sont impliqués dans cette affaire doivent comprendre que personne ne se réjouit de ce qui leur guette. Mais en dépit des individualités et des considérations inutiles, l’Etat est obligé de respecter ses engagements internationaux et de faire respecter les lois nationales.
Face à ce statuquo à la CRIEF, tout le monde regarde désormais, le Président de la Transition Générale Mamadi DOUBOUYA qui a promis au guinéen que sa main ne tremblera pas , pour sanctionner les coupables de n’importe quel acte de corruption dans la gouvernance de l’Administration publique!
Toumany CAMARA pour Presseinvestigation.com

