Le lundi 06 janvier 2024, notre Rédaction a rencontré le conseiller du Premier Ministre en charge de la Santé et de l’hygiène publique, Dr Alphonse Vohou SAKOUVOGUI. Il est également le Coordinateur du Comité National Multisectoriel du Système Alimentaire et Nutritionnel. L’objectif de cet entretien, parler de la lutte contre la malnutrition en République de Guinée, notamment de l’exercice 2024 et les perspectives de 2025 dudit Comité.
Presseinvestigation.com : Quel est le rôle et la composition du Comité National Multisectoriel du système Alimentaire et Nutritionnel de Guinée ?
Dr Alphonse Vohou SAKOUVOGUI : Son rôle est de coordonner, de suivre et de soutenir les activités qui sont liées à l’alimentation et à la nutrition. Il est composé des représentants de différents Ministères, de la société civile, les privés et les organisations non gouvernementales.
Au compte du Comité, que retenir du bilan de l’exercice 2024 ?
Nous avons tenu les quatre réunions qui étaient prévues dans l’agenda. Des réunions statutaires relatives aux activités nutritionnelles des différents Départements. Cela nous a permis de comprendre l’évolution et la mise en œuvre des programmes de lutte contre la malnutrition au niveau de chaque entité du Comité. Il y a au moins 10 ans, l’Union Africaine n’avait aucune information sur le système alimentaire de la Guinée. Mais grâce à ces réunions de coordination, nous avons pu rétablir et fournir toutes les informations nécessaires qui ont permis à notre pays de participer à l’élaboration de la politique africaine en matière de la mobilisation financière relative à l’alimentation et à la nutrition.
Concernant le renforcement des capacités, les membres du Comité ont participé aux différents ateliers de formation sur la fortification alimentaire qui ont lieu à Abidjan, au Sénégal et au bénin au cours de l’année précédente.
Nous avons regroupé aussi les nutritionnistes guinéens en un réseau, pour qu’ils apportent leur contribution dans tout le processus alimentaire et nutritionnel du pays.
Nous avons repéré et intégré deux unités industrielles guinéennes dans le comité et dans la plateforme Ouest Africaine.Il s’agit à de la Société Nouvelle de Commerce (SONOCO)SA qui produit la farine et l’huilerie de Guinée. Ces deux industrielles ont pris part à une formation à Dakar.
Il y a deux journalistes qui ont été envoyé à Abidjan pour la formation en nutrition. A Conakry, nous avons organisé en collaboration avec l’Organisation Ouest Africaine de la Santé(OAS) et Catholic Relief Service(CRS) un atelier régional des Alliances de fortification Alimentaire.Voici entre autres quelques réalisations que nous avons pu faire en 2024.
Quelles perspectives le Comité dispose pour l’année 2025 ?
C’est comment renforcer, équiper l’Institut national de normalisation et métrologie de Guinée. Cela va permettre d’harmoniser le contrôle des aliments en Guinée avec comme référence les normes de la CEDEAO. Que ces normes-là soient disponibles et que l’Office National de Contrôle de Qualité puisse également mener ses activités de contrôle qualitative des aliments. Parce qu’il doit contrôler les aliments fortifiés : l’huile pour voir la présence de la vitamine A ; la farine pour voir la présence du fer et de l’acide folique ; et le sel pour voir est ce que l’iode est présent en quantité normale.
L’un des objectifs que nous avons appuyés, c’est comment redynamiser la fortification alimentaire en Guinée. Nous avons fait des échanges avec le Ministère du commerce et de l’industrie qui est très engagé à cet effet. La Guinée produisait le sel iodé. Aujourd’hui cette production n’est plus à grande échelle. Les unités de productions qui étaient à un moment donné industrialisées, ne les sont plus. Aujourd’hui, La grande quantité du sel consommé en Guinée provient du Sénégal. Par manque d’équipement, Ces sels traversent les frontières sans aucun contrôle efficace pour savoir s’ils sont iodés ou pas. Il faut donc Redynamiser l’Alliance Guinéenne de Fortification alimentaire en équipant les structures de contrôle de qualités. Il faut également apporter un soutien aux unités industrielles de production de sel, les organiser, leur trouver des équipements pour l’iodation. Il y a des partenaires qui sont en discussion avec la Guinée, tels que Catholic Relief Services(CRS) et Organisation Africaine de la Santé(OAS), pour appuyer notre pays en équipement de contrôle de qualité. Il faut préciser que l’institut Guinéen de normalisation est techniquement préparé, il a pris part à la validation des normes à Lomé. C’est seulement le côté matériel qui manque.Dans les perspectives 2025, le comité Multisectoriel doit préparer les nouveaux engagements qui vont être présentés à Paris en mars prochain.Pour cela un travail doit être fait sur les précédents engagements.
La Guinée a participé au sommet mondial de Tokio où chaque pays s’est engagé à mobiliser des ressources pour la nutrition. La Guinée a pris deux grands engagements avec 10 objectifs. Il a été question d’évaluer ses engagements. Le Comité Multisectoriel a procédé à cette évaluation avec l’appui du cabinet technique Expertise France. Nous avons tiré les leçons de ces évaluations. La Guinée a pu atteindre 70% des objectifs qui étaient prévus.Le reste, il faut le reprendre dans les nouveaux engagements.
En fin, la grande réforme de cette année sera la mise en place en Guinée de la cartographie numérique des intervenants et interventions en nutrition et la formation des membres du Comité en budgétisation.
Propos recueillis par Toumany CAMARA et Marie SIDIBE
Pour presseinvestigation.com

