Après le retour à Conakry des 415 conteneurs de bois guinéens, interceptés en chine comme la fraude par la CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces s de Faune et de Flore Sauvage Menacées d’Extinction), l’heure est aux interrogations de savoir comment ces bois ont quitté la Guinée ? La CITES Guinée les a-t-il délivrés des certificats ? Ces bois sont-ils des anciens bois conforment à l’accord passé entre la Guinée et la CITES ? Un journaliste de presseinvestigation.com a contacté une source anonyme très informée sur ce dossier. Les révélations de celle-ci sont accablantes contre les cadres du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable.
D’après cette source, il y a des cadres du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable qui ont convié certains opérateurs guinéens et leurs partenaires chinois à venir prendre part à une opération d’exportation d’anciens stocks de bois guinéen à l’issu d’un accord entre la Guinée et la CITES. C’est ainsi que les opérateurs ont été convaincu et ils ont accepté d’engager leur anciens stocks de bois dans cette opération.
D’après notre source, dès lors que les opérateurs sont rentrés dans cette situation, le Département de l’Environnement a constitué une commission de 14 personnes pour superviser les travaux sur le terrain. En plus du travail de cette Commission, il y avait 2 experts dépêchés par ledit département qui sillonnaient dans tous les dépôts pour vérifier l’identité des bois et leur âge afin d’éviter qu’il ait de nouveau bois coupés.
Les certificats CITES Guinée ont-ils été délivrés par les autorités guinéennes pour l’exportation de ces 415 conteneurs ?
Notre source indique que tous 415 conteneurs qui sont saisis aujourd’hui sont passés par les procédures normales : les taxes de l’Etat ont été payées à l’Office Guinéen du Bois(OGUIB), la Direction Nationale de faune et flore et le point focal de la CITES Guinée ont chacun signé les certificats CITES de tous ces conteneurs avant leur exportation en Chine.
<< Tous le long du travail a été supervisé par les cadres du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable. Aucun conteneur n’a fait l’objet d’empotage sans la présence des éléments du Département de l’Environnement à savoir : deux agents de l’Office Guinéen du Bois(OGUIB), deux agents des conservateurs de la nature, deux agents de la Brigade verte et un douanier qui ouvre le conteneur et qui met le plomb après le chargement du conteneur. Et les conteneurs sont escortés par deux agents de la Brigade verte de la Gendarmerie jusqu’au port pour que les douaniers donnent accès. Et le papier d’empotage fait par les deux agents de l’OGUIB est présenté à la rentrée du port avant que les conteneurs ne soient reçus pour l’embarquement dans le navire. Voilà comment les choses s’effectuaient du début jusqu’à la fin de l’opération » révèle-t-elle.
Les conteneurs de bois saisis contiennent-ils des anciens bois comme prévu dans les accords entre la Guinée et la CITES ?
Du côté de la CITES les 415 conteneurs sont considérés de dépassement frauduleux du nombre qui a été accordé à la Guinée. L’accord entre la Guinée et la CITES concernait des anciens bois qui ont été coupés dans les environs de 2010 et qui n’ont pas pu être exportés pour la commercialisation. Parce que cela aurait coïncidé à la suspension de la Guinée par le secrétariat permanent de la CITES. Une sanction qui fait suite non seulement aux nombreux manquements observés dans la gestion du secteur de l’Environnement du pays, mais aussi à la détection au Congo dans les mains d’un braconnier, un permis CITES délivré par la Guinée. Ce qui met aujourd’hui le pays à l’écart dans toutes les transactions internationales de tous les produits forestiers et fauniques inscrits dans le cahier de charges de la CITES.
Mais concernant l’exportation des anciens bois en question, la CITES avait fait une levée partielle de la suspension à la Guinée, sous fond de respect de certains engagements que la Guinée a pris, notamment celui de ne pas permettre la coupe de nouveaux bois.
Une copie de la note de levée partielle de la suspension en date de 2021 dont dispose un journaliste de presseinvestigation.com prévoyait que la Guinée exporte avec la limite de 14000 m3 (mètres cubes), l’équivalent de 824 conteneurs. Et ce, après avoir fait les inventaires de tous les anciens stocks de bois dans le pays. Selon des informations de source officielle, une seule société chinoise qui se nommerait « SHE SHEING » et qui avait obtenu une autorisation en 2018 dans les activités de bois a été retenue pour s’occuper de l’exportation des anciens stocks inventoriés.
Mais les choses se sont passées autrement sur le terrain. Aux dires de notre source, les responsables du Département de l’Environnement ont menti aux opérateurs guinéens qui sont concernés aujourd’hui dans ce problème. Ils les ont trompés en les faisant croire que la société chinoise n’avait pas toute la quantité que la CITES avait accordée à la Guinée. Et comme ces opérateurs guinéens auraient aussi des anciens bois de ce type, C’est ainsi ils ont participé à cette opération pour, sans doute, combler le manque à gagner.
Selon notre source, l’autre argument avancé par ces cadres dudit Ministère est que les 824 conteneurs rapporteraient à la Guinée en termes de taxes : 4 milliards 120 millions de franc guinéen, soit 478 mille dollars. Le Département de l’Environnement devait bénéficier 60% dans cet argent et les 40% devait être versé dans le compte de la CITES Guinée, soit 190 mille dollars pour les activités de protection de l’Environnement. Donc sous prétexte de ne pas faire perdre le pays à tout ce montant faute du nombre qui ne serait pas atteint, le Département de l’Environnement aurait jugé nécessaire de faire venir ces autres opérateurs dans cette exportation. Pour notre source, tout problème qui arrive aujourd’hui dans ce cas, les autorités du Ministère de l’Environnement, doivent avoir le courage d’assumer leur responsabilité.
« S’il y a eu dépassement du quota alloué à la Guinée, c’est seulement les cadres du Ministère à travers leurs agents qui étaient sur le terrain qui pouvaient le savoir et non les opérateurs. Car, il y avait beaucoup de dépôt où on embarquait le bois et tous ces dépôts étaient enregistrés par : le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement, le Directeur Générale de Faune et Flore, le Directeur Général de l’OGUIB et par le point Focal de la CITES. Et à chaque fin de semaine, à part leurs agents qu’ils ont déployés sur les sites des différents dépôts, les responsables de ces Directions, eux-mêmes se rendaient permanemment sur les lieux pour s’assurer du bon déroulement des travaux » souligne notre source.
A entendre notre source, les propriétaires de ces bois saisis rejettent en bloc toute accusation de fraude collée contre leurs bois. Pour eux, ils ont été associés à ce travail avec toutes les rassurances des autorités qui sont aux affaires de ce secteur.
« Quand nous entendons dire que c’est de la fraude, où est la fraude dans ça donc. Ces bois ne se sont pas mis d’eux-mêmes dans les conteneurs. Un conteneur de bois, son transit et le transport pour aller en Chine coûte dans les 15 mille dollars. Imaginons les 415 conteneurs font combien. Si on brûle ces bois, comme on attend dire, on aura commis un grand tort, une grande injustice aux opérateurs qui ne sont responsable en rien de cette histoire de dépassement. Ce sont eux les responsables du Ministère qui savaient s’il y a dépassement ou pas. Parce qu’il y avait des agents du Ministère dans tous les dépôts de stock. Aucun opérateur ne savait combien de conteur l’autre a fourni. Ce sont les autorités qui savaient le nombre de conteneur qui sortait au niveau de chaque dépôt. Donc les autorités avaient forcement les chiffres. Et Le jour où les opérateurs ont été informées qu’il y a eu un dépassement alors de cesser immédiatement le travail, ce jour il y avait certains conteneurs qui ont été déchargé » martèle-t-elle.
Cette autre révélation suscite de nouvelles interrogations dans ce dossier. A travers cet accord d’exportation des 824 conteneurs d’anciens bois de vène que la CITES a accordé à la Guinée, les autorités du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable qui sont impliquées dans ce scandale, n’ont-elles pas voulues arnaquer sciemment ces pauvres innocents d’opérateurs de bois ? Ces cadres de l’Administration publique ne sont-ils pas tombés dans leur propre piège ?
Affaire à suivre !
Toumany CAMARA pour presseinvestigation.com

