En Guinée, malgré les soins sanitaires, la lutte contre la malnutrition reste encore entravée par la pauvreté dans les familles. Ce qui engendre aujourd’hui une conséquence dramatique. Pour preuve, actuellement dans le pays, il est constaté que les 45% des cas de décès des enfants sont associés à la malnutrition.
Pour comprendre la part de responsabilité de la pauvreté dans la malnutrition, un journaliste de presseinvestigation.com est allé à la rencontre de Docteur BARRY Aboubacar Baba, le Chef de Département de la Nutrition à l’institut de Nutrition et de Santé de l’Enfant(INSE) sis dans l’enceinte du Centre hospitalo-universel de Donka.
Selon Dr BARRY, la malnutrition découle d’un déséquilibre alimentaire par rapport au besoin de l’organisme. Ce déséquilibre affecte soit la qualité soit la quantité. et entraine un état qui est appelé malnutrition.
Pour ce spécialiste de Nutrition à l’INSE de Donka, il existe justement un lien entre la malnutrition et la pauvreté. Ce lien se manifeste souvent quand l’enfant atteint l’âge de la diversification alimentaire.
« A partir de 06 mois de la naissance de l’enfant, le lait maternel seul ne le suffit pas. Les mamans font recourt au lait artificiel pour le complément nutritionnel de l’enfant. C’est là, le problème se pose. Parce que les mamans qui n’ont pas suffisamment de moyens pour payer une boite de lait chaque 2 à 3 jours, elles vont chercher à conserver une seule boite pour plusieurs semaines. La seule boite est surdiluée, les besoins de l’enfant ne seront pas couvert dans ce cas et il deviendra malnutri » explique-t-il.
D’après Dr BARRY, la pauvreté des familles, conduites à la rechute de certains enfants traités de la malnutrition à l’INSE de Donka.
« Le plus souvent, les enfants qui nous arrivent ici, sont issus des milieux défavorisés et c’est la classe sociale nombreuses en Guinée. Le revenu des pères de famille ne leur permet pas toujours de de subvenir à tous les besoins de la famille. Donc malgré, la sensibilisation effectuée au niveau des hôpitaux ou l’éducation nutritionnelle dispensée pendant l’hospitalisation, à leur sortie, on enregistre les cas de rechute, nous recevons parfois jusqu’à 4% des cas de rechute » ajoute Dr BARRY.
Le responsable du département de la Nutrition de l’INSE de Donka fait savoir que si la malnutrition n’est pas traitée dans tous ses aspects, elle va quitter la mention aiguëe pour devenir à long termes dans la mention chronique avec ses cortèges de maladie l’hypertension, l’obésité, le diabète. Et à date,si nous regardons attentivement chez les enfants , il se trouve que les 45% des décès sont associés à la malnutrition.
Toumany CAMARA
pour Presseinvestigation.com
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