En Guinée, le Ministère des Mines et de la Géologie a procédé à la réorganisation de l’exploitation artisanale de l’Or. Parallèlement à l’artisanat classique, l’orpaillage mécanisé a été instauré avec assez de zones d’ombre aux yeux du grand public.
Nombreux observateurs du secteur minier guinéen, estiment que le Département dirigé aujourd’hui par Bouna SYLLA, a livré l’exploitation artisanale de l’or aux lobbys. Et ce, au détriment de l’Etat et au grand dam des communautés à la base pour lesquelles l’activité est prioritairement réservée.
Cet orpaillage mécanisé consiste à utiliser des gros moyens, des grosses machines d’extraction et des laveries dans les mines dédiées à l’artisanat. C’est une forme taillée sur mesure des hommes riches. Les orpailleurs classiques qui n’ont pas une économie consistante finiront par disparaître de la filière.
Quant aux conditions d’acquisition d’une autorisation ,les frais frais globaux ont été revus à la hausse.Ils étaient à 55 millions de franc guinéen jusqu’en 2021 au moment où le Gouvernement suspendait toute activité artisanale de l’or, pour des raisons de réglementation. Mais avec la réorganisation, le coût total est passé à 55 millions de franc guinéen pour obtenir une parcelle. En plus, avant d’obtenir le titre minier, l’orpailleur finance 80 millions de franc guinéen au minimum pour une étude environnementale par un cabinet indépendant.
À cela s’ajoutent des velléités de pratiques de corruption signalées par certaines sources prochent de la filière . Des indiscrétions évoquent la création des lobbys, des groupements occultes composés de nantis, sous la protection des cadres tapis dans l’ombre qui commenceraient à percevoir des pots-de-vin, 20 à 30 mille dollars au minimum, en contrepartie des parcelles sensés être plus juteuses.
A cette allure, les groupements des communautés à la base, se verront déposséder de cette activité qui constitue leur travail de subsistance. Parce qu’elles sont non seulement dépourvus de moyens financier, pour supporter les nouveaux frais exorbitants qui sont fixés.Mais aussi par les plus nantis qui useront de la magouille.
Autre fait remarquable qui attire les attentions dans cette affaire, c’est que, administrativement ,des réformes structurelles incompréhensibles ont été realisées.Notamment, un Service National de l’artisanat et des petites Mines a été créé et rattaché au Ministère des Mines et de la Géologie. Alors que le code minier guinéen a prévu la gestion de toute exploitation artisanale de l’or au sein de la Direction Nationale des Mines.
La mise en place de ce nouveau service suscite une interrogation. S’agit-il d’harmoniser toutes les stratégies orchestrées dans l’orpaillage mécanisé? De toute les façons, on apprend que, dans ces derniers temps, tout ce qui a été établi officiellement par rapport à la filière, serait planifié par le Ministre des Mines et de la Géologie avec un groupe restreint proche de lui.
À rappeler que, avant ce nouveau service, une mission conduite par Moussa BERETE, Directeur Général du Centre de Service de Coopération et d’Investissement dans le secteur Minier(CSCIM) aurait passé près de 5 mois de préparatif de terrain dans la région de Kankan, précisément entre Siguiri et Mandiana.Plusieurs promoteurs des Mines artisanales qui ont confirmé cette information ont aussi manifesté leur surprise de la présence de Moussa BERETE auprès d’eux pour parler de l’orpaillage. Encore une fois, au vu du code minier guinéen, cette prérogative relève de la Direction Nationale des Mines.
Au regard de tous ces faits, il y a un besoin d’information au niveau du grand public. L’opinion publique à droit de savoir. Les contenus des nouveaux textes de réglementation d’orpaillage doivent être accessibles au peuple.
Et Puisque l’orpaillage mécanisé se fait à l’image de l’exploitation semi-industrielle de l’or, quelles sont les taxes que l’Etat va gagner dedans? Les investisseurs chinois ne viendront-ils pas prendre d’assaut la filière au détriment des communautés à la base, en se cachant derrière certains guinéens?L’orpaillage mécanisé tel qu’il est réalisé sur le terrain aujourd’hui, est assez sombre.
D’alleurs, comme à l’arrivée du CNRD au pouvoir le 05 septembre 2021,les mois qui ont suivis, les nouvelles autorités ont suspendu toutes les activités artisanales de l’or. En principe, pour la reprise de la filière, il est nécessaire de tenir une conférence de presse pour porter à la connaissance de tout le monde, les réformes qui ont été entreprises.Et permettre aux journalistes de poser des questions sur les zones d’ombre.
Sinon, l’Etat doit passer au crible tous les paramètres de l’orpaillage mécanisé !
Toumany CAMARA pour presseinvestigation.com

